Le blogue à John

Ici vous pourrez trouver le blogue a à John McGale, leader du groupe et membre depuis 1978.  Il vous racontera pleins d'anecdotes de tournée et vous partageras des photos inédites et pleins d'autres trucs...

L'ignorance est parfois le bonheur 

On a beaucoup parlé des abus sexuels sur le lieu de travail et en particulier dans l'industrie du divertissement au cours des dernières semaines. Ceux d'entre nous qui ont été impliqués dans l'industrie de la musique dans les années 1970 et après, savent que ce comportement était presque normal, c'est arrivé si souvent. C'était quelque chose dont on ne parlait pas ouvertement mais c'était un comportement prédominant à l'époque. 

Je voudrais vous parler de mon expérience personnelle, celle-ci est en fait assez drôle ... et personne n'a été blessé. 

Quand j'ai rejoint Offenbach en 1978, j'avais 21 ans, pesait 125 livres et j'avais un tour de taille de 28 pouces. Ces jours sont révolus depuis longtemps ... mais, si je le dis moi-même, j'étais un gars plutôt beau. Encore une fois, ces jours sont révolus depuis longtemps. 

Nous avons commencé à tourner en France peu de temps après que j'ai rejoint le groupe et j'étais très naïf et innocent. Venant d'une petite ville du Nord de l'Ontario, j'avais beaucoup à apprendre sur les bonnes manières du monde. 

La première fois que je suis allé à Paris, j'avais la même coiffure que Gerry Boulet et comme nous avions tous les deux les yeux bleus, la même couleur et la même longueur de cheveux, les gens nous ont souvent confondus. C'était embarrassant pour moi parce que je pouvais à peine parler français et que les gens me posaient toutes sortes de questions dont je n'avais absolument aucune idée de ce dont ils parlaient. 

Quand nous sommes revenus à Montréal, j'ai décidé de me faire couper les cheveux. C'était une grosse décision de ma part, mais je n'allais pas demander à Gerry de couper les siens ! J'ai donc eu un très beau look dégradé qui a finalement permis aux gens de voir mon visage. Pas si sûr que ce soit une bonne chose ... mais j 'ai aimé, et il n'y avait plus de confusion. 

Nous sommes retournés en France quelques semaines plus tard pour faire une émission de télévision. Le producteur nous avait spécifiquement demandé de ne pas porter de bleu pendant le tournage du programme. Tout le monde dans le groupe pensait qu'ils ne voulaient pas que nous portions des jeans, alors tous les gars l'ont ignoré. Je pensais respecter sa demande et je suis allé faire du magasinage pour une paire de jeans noir. Les jeans noirs étaient difficiles à trouver à l'époque et en France, ils étaient ridiculement chers, plus de 200 $ pour quelque chose que nous paierions 20 $ au Canada. Mais, les pantalons en cuir importés directement de l'Espagne étaient seulement 30 $. Beau cuir souple et subtil magnifiquement doublé de soie .... 30 $. C'était une évidence, j'en ai acheté 3 paires, noir, gris et bordeaux. Ils étaient ajustés et faisaient comme un gant et plus je les portais, mieux ils paraissaient. 

Quand nous avons fait le spectacle, il y avait plusieurs dirigeants de la compagnie de disques à la station et nous sommes tous sortis pour le souper après. Plus de gens de la compagnie de disques ont arrivé et la nuit a bien commencé. 

Je recevais une quantité ridicule d'attention de la part de ces types, m'offrant des boissons, m'offrant de la nourriture dans leurs assiettes, commentant et touchant mes cheveux, complimentant mon pantalon et généralement étant vraiment agréables et gentils. J'ai aimé, mais je n'arrivais toujours pas à comprendre ce qui se passait. Du le coin de l'œil, je pouvais voir Gerry et Johnny me regarder et rire, chuchoter et s'amuser en général. Breen s'en mêlait et Bob Harrisson aussi, j'étais le seul à n'avoir aucune idée. 

Ces gars étaient tous gays. 

Je n'en avais aucune idée. 

Je pensais qu'ils étaient amicaux. 

Rien n'est jamais arrivé, je n'ai pas été agressé ou quoi que ce soit mais si j'avais eu un peu plus d'expérience mondaine, je me serais senti mal à l'aise. Si j'avais mieux compris ce qu'on me disait, j'aurais pu être offensé. Mais, au contraire, j'ai passé un bon moment ! 

L'ignorance est le bonheur.

Récapitulation de la Fête Nationale/St-Jean-Baptiste 

J'espère que tout le monde a apprécié les festivités de la St. Jean Baptiste autant que nous, le groupe Offenbach, l'avons fait. Deux spectacles consécutifs remarquables à Thetford Mines vendredi soir et Pointe aux Trembles samedi soir. 

Les organisateurs de Thetford Mines ont veillé à ce que nous ayons une protection contre les éléments cette année et nous avons tenu les festivités à l'intérieur de l'aréna. Bonne idée, car il a plu la plupart du temps. La fête a commencé vers quatre heures et s’est déroulé jusqu'à ce qu’Offenbach ait sur la scène à 10h30 ... il était presque 1h00 du matin au moment où nous avons terminé. Beaucoup de visages souriants et heureux ont quitté l'aréna à ce moment. Nous sommes sortis pour saluer les gens et signer des autographes ... J'adore rencontrer les fans et leur demander comment ils ont trouvé notre musique. Il y a toujours beaucoup d'amour dans l'air après un de nos spectacles. 

Nous avons eu beaucoup de gens et des amis proches venant d’aussi loin que Québec et Longueuil. Entre autres Eric Pouliot, Jacinthe Morin, Kareen Nadeau, Edgar ainsi que Michel du Diable qui m'a présenté une bouteille de Cognac Rémy Martin au milieu de mon solo "Deux autres bières" ! 

Pointe aux Trembles c’était spectaculaire. Une belle journée à l'extérieur, une belle grande scène avec un excellent système de son et une équipe très compétente. La foule était avec nous à partir de la première note et est restée jusqu'à la fin …. chantant à chaque mélodie. J'ai vu quelques-unes des personnes qui se trouvaient au spectacle de Thetford Mines dans le public à Pointe aux Trembles .... C'est à environ 3 heures de route ! Des admirateurs fidèles. Notre loge était le magasin de musique local qui était fermé pour les vacances, de sorte que Michel (notre batteur) nous a empêché de nous habiller avec ses concertos pour piano, pendant que nous avions grignoté de délicieux sandwichs, de la tarte aux fraises et à la rhubarbe et de la bière locale. Humm. 

Certains visiteurs ont aussi été surpris. Monsieur Pierre Lavoie (batteur original sur "Traversion") s'est arrêté pour nous rendre visite, Michel et Diane (les amis les plus proches de Johnny Gravel, qui sont vraiment responsables que Johnny soit toujours en vie, parce que ce sont eux qui l'ont trouvé dans son appartement après qu’il ait eu un accident vasculaire-cérébral et qu’ils l'aient amené à l'hôpital), Helene Soucy, Johanne Letendre, Tina Incoronata Di Salvia, Daniel Roch …. et la liste continue ! 

C’était une fin de semaine absolument merveilleuse. 

Merci à tous les organisateurs de ces événements et un très grand merci à nos admirateurs qui nous supportent.

Voici une photo de la foule de Thetford Mines!

 

Et voici la foule de Pointe-Aux-Trembles!
Marci!!!

Offenbach... un groupe plus que juste Québecois 

Beaucoup de gens considèrent qu' Offenbach est un groupe Québécois et à bien des égards, c'est vrai, mais je préfère penser que le groupe est Franco-Canadien. Beaucoup de membres au fil des ans sont provenus de d'autres provinces, en premier de l'ontario et du Nouveau-Brunswick et nous avons joué devant des publics qui nous ont apprécié d'un océan à l'autre. La réponse a toujours été fantastique. 

Il y a un concert spécial que je n'oublierai jamais, c'était de jouer à la St-Jean-Baptiste à Red Deer en Alberta. 

Qui l'aurait cru ... pas vrai? 

Eh bien, nous avons été engagés pour jouer pour la société Franco-Albertaine et ils ont mis en place une scène avec des lumières et un système de son 
dans un grand champ en dehors de la ville. Offenbach a joué devant plus de 5 000 Canadiens français qui avaient déménagé en Alberta pour travailler sur les plateformes pétrolières et les pipelines. L'endroit était comme un mini-Woodstock, les gens installaient des tentes, avaient des feux de camp et il a plu presque tout le temps... tout comme à Woodstock! Tout le monde était trempés et couverts de boue mais tout le monde s'en foutaient... nous étions dehors pour passer un bon moment. 

Il pleuvait toute la journée... c'était difficile... mais ne pas donner le spectacle, ce n'était pas une option pour nous.  Si les gens en Alberta voulaient ''Rocker'' avec Offenbach, alors, mon Dieu, on a un travail à faire! 

Un peu plus tard que minuit, la pluie a finalement cessé assez, pour nous permettre d'aller sur scène et on a fait un spectacle mémorable, pendant plus de 3 heures. 

Au moment où nous avons commencé à jouer notre 3e "Encore", le soleil se levait. Je me souviens, sur scène, d'avoir regardé le ciel devenir bleu, violet et rose pendant que nous jouions "L'hymne a l'amour". 

Mon frère Dan et sa femme vivaient à Edmonton à l'époque et ils sont venus nous voir. Après le test de son ils avaient faim, alors ils sont retournés en ville et ont acheté deux barils de PFK, mais ils se sont perdus et sont revenus sur le site et seulement quelques minutes avant que le concert commence. Je n'ai pas osé leur dire que nous avions déjà mangé, c'est une partie de notre contrat d'avoir une cantine en coulisse! 

Je continue à parcourir le monde et à rencontrer les gens qui étaient au spectacle. Ils parlent encore de cela ... 35 ans plus tard …tout comme moi!

Il y a des gens vraiment malades! 

En rentrant des Bahamas récemment, j'étais le dernier passager à m'enregistrer à l'aéroport et, par conséquent, on m'a donné le siège arrière de l'avion. C'est le pire endroit de l’avion ! Le siège ne s’allonge pas et il y a toujours des personnes debout à côté, qui attendent d'aller aux toilettes. En plus, les agents de vol font constamment l’aller-retour avec les charriots de nourriture et de boisson. Donc, beaucoup d'activité, beaucoup d'odeurs étranges et peu de chance de se détendre. 

Quelques minutes après m'être installé en maudissant ma dernière Pina Colata, l’assistant de vol est venu me voir et m'a expliqué qu'un couple voulait s'asseoir avec leur jeune enfant et m’a demandé si je voulais leur laisser mon siège pour qu'ils puissent être ensemble. J'ai dit "Bien sûr ... pas de problème" ... et j'ai été surpris quand ils m'ont mis dans la section de première classe, à deux siège du poste de pilotage. En plus, ... Yahoo ... Bingo ! ..des boissons gratuites , un plat chaud, de vrais ustensiles et plus de place pour les jambes ... Merci mon Dieu! 

J'ai fini par m'asseoir et de l’autre côté de l’allée, il y avait une personnalité de la télévision québécoise : Manuel Hurtubise, et nous avons bavardé. J'avais acheté 2 bouteilles de Tequila Patron dans le magasin hors taxe et je les avais mis dans le porte bagage au-dessus de mon siège, (vous pouvez voir le sac juste à côté de mon oreille sur cette photo). Lorsque l'avion a atterri, il y a eu une telle précipitation quand les gens se sont préparés à débarquer, que je me suis retrouvé dans ce flot et j'ai complètement oublié mes bouteilles de boissons. Ce n'est que lorsque je suis arrivé à la maison que j'ai réalisé mon oubli, mais à ce moment-là, l'avion était au sol depuis près de 2 heures et je ne voulais pas retourner à l'aéroport. J'ai immédiatement appelé Air Canada et j'ai fait un rapport "perdu et trouvé". Au cours des prochains jours, j'ai appelé régulièrement pour voir s'il y avait des nouvelles ... il n'y en avait pas ... 

Il y a quelques semaines, je revenais de Halifax et j’ai passé au département des objets perdus et trouvés d'Air Canada, et je pensais que je vérifierais avec eux pour voir s'il y avait une note sur ce qui s'était passé. 

C'est à ce moment-là qu'on m'a dit quelque chose que j’ai trouvé très dérangeant. 

La femme derrière le comptoir m'a dit qu’après près de 3 mois, les chances de les trouver sont assez minces. J'ai donc fait un commentaire sur les 2 bouteilles de tequila premium qu’ils auraient pour leur prochaine fête de bureau. La femme a déclaré : "Oh, non, monsieur, nous ne sommes pas autorisés à garder ce que nous trouvons, ils le gardent pendant quelques semaines, puis ils sont détruits". J'ai dis: "Pourquoi faites-vous cela? Les bouteilles sont scellées, il y a un reçu dans le sac ... pourquoi les gaspiller ?" Elle a dit: "Bien, nous les avons donné aux vétérinaires", et j'ai dit: "Oh, d'accord, dans ce cas, pas de problème, je préférais les donner". Ensuite, elle a dit: "Mais non, ne fais plus cela ». J'ai dis "Pourquoi pas, c'est une excellente idée". Puis elle m'a dit que quelqu'un avait utilisé une seringue pour injecter du poison dans une bouteille scellée et, par conséquent, il y avait un vétérinaire qui était décédé. 

Il y a des gens vraiment malades là-bas !

Le décès de Denis Grondin  

Mercredi, 8 mars 2017.  La journée avait bien commencé... J’étais de bonne humeur et prêt à entamer les tâches à accomplir, jusqu’à ce que j’ouvre le Journal de Montréal et que la nouvelle me frappe comme une tonne de briques : Denis Grondin, animateur de radio chez CHOM FM durant les années 1980, est décédé. 

Denis était l’un des premiers animateurs que j’ai rencontrés après m’être joint à Offenbach en 1978. Il était un homme vraiment intéressant, parfaitement bilingue et une véritable encyclopédie de musique ou presque. J’ai passé bien des heures avec lui, soit pour des entrevues ou simplement pour jaser de l’actualité dans l’industrie de la musique. 

L’an dernier, j’ai recommuniqué avec Denis à quelques reprises. Il semblait être de bonne humeur et ne pas avoir changé depuis le temps où je l’avais initialement connu. 

Je travaillais alors au projet de remastérisation du tout premier album d’Offenbach (Offenbach Soap Opera) et j’ai constaté qu’il y avait seulement huit chansons, pour un total d’à peu près 35 minutes. Je cherchais donc à ajouter quelque chose d’unique pour le lancement de la nouvelle édition. En fouillant dans mes archives, j’ai retrouvé une cassette de 1982 sur laquelle on avait enregistré une émission radio nommée « Tuesday Night Special », réalisée pour CHOM par Denis. Après avoir écouté un peu, j’ai découvert une entrevue avec Gerry Boulet et Breen Leboeuf qui parlaient du cheminement d'Offenbach au cours des dix dernières années et de l’avenir du groupe. Avec toute la musique qu’on a fait jouer, l’émission a duré 60 minutes. Par contre, les sections d’entrevue ne duraient que 6m30sec, ce qui était parfait pour un bonus sur l’album. Comme indiqué sur la cassette, l’émission avait été réalisée par Denis Grondin. J’ai donc téléphoné à Denis pour lui demander la permission d’utiliser les extraits pour l’album, ce qu’il m’a accordée tout en m’envoyant les documents légaux nécessaires. 

Une fois l’album et la pochette terminés, j’en ai envoyé cinq exemplaires à Denis par la poste. Il m’a tout de suite téléphoné pour me remercier. Il n’avait pas écouté l’album initialement, mais il y a environ un mois, il me téléphone et m’a dit : « John, je viens d’écouter l’album et je suis désolé, mais ce n’est pas moi qui ai fait l’entrevue… c’est Claude Rajotte! ». Bien que Denis ait bel et bien été le réalisateur, Claude était l’animateur qui a fait l’entrevue. J’étais tellement ravi d’entendre la voix de Gerry que je n’avais même pas remarqué que ce n’était pas Denis. 

Mea culpa, vraiment désolé Claude. Et encore plus désolé pour la famille de M. Denis Grondin. 

Tu vas nous manquer, cher Monsieur.

Offenbach au Centre Bell 2005 

En septembre 2004, mon père est mort après une longue bataille avec le cancer des os. J'étais dans un état assez fragile d'esprit à cause de la façon dont ma famille a géré la situation ainsi que de voir un homme que j'admirais tant dépérir. J'ai passé des mois à faire de mon mieux pour rendre la dernière phase de sa vie plus confortable et essayé de rester positif. Mais c'était difficile. 

Quand il a finalement décédé, j'étais un peu dans le brouillard et je me sentais comme un bateau avec un gouvernail cassé. J'avais besoin de direction, de quelque chose dans quoi mettre mon énergie, d'un nouveau projet pour occuper mon esprit et mon temps. 

Un jour en Octobre, je reçu un appel téléphonique de l'impresario Ian Tremblay. Ian était notre comptable à Offenbach et a également été le directeur personnel de Gerry Boulet quand il a commencé sa carrière en solo. Nous sommes amis depuis plus de 25 ans. Ian a dit, «John, je viens d'entendre du groupe Gillette qu'ils recherchent des spectacles à produire au Centre Bell cette année. Apparemment, il y a une forte possibilité qu'il y aura une grève de hockey et ils ont besoin de louer la salle. Si vous avez des idées pour un spectacle à leur présenter, maintenant serait le moment». Je dis «C'est beau Ian, j'ai une idée, je l'ai eu pendant des années, mais le moment ne s'était jamais présenté. J'aimerais monter un spectacle qui met en vedette les meilleurs groupes du Québec, ceux qui jouent sur CHOM tout le temps, que ça soit en français ou en anglais. Mon premier choix serait Offenbach (bien sûr), April Wine et Pagliaro. Si April Wine pouvait pas le faire, j'ai pensée peut-être Frank Marino, Simple Plan ou Corey Hart, et si Pag serrait pas intéressé, peut-être Sass Jordan ou Jonas. Ça serait amusant d'avoir un spectacle pour célébrer une partie de la grande musique rock qui est sortie de cette province sans prendre en considération la question de la langue. Je pense que les vrais rockers s'en contre-crissent. Ils veulent juste avoir du plaisir... et nous aussi!» 

Ian a dit: «Cela semble à une idée formidable, laisse-moi demander à Gillette et voir ce qu'ils disent. En attendant, tu peux peut-être communiquer avec ces personnes pour voir si elles sont intéressées aussi». Je dis: «C'est fait». 

J'ai commencé à penser un peu plus sur cette idée et j'ai réalisé que ça faisait déjà 25 ans depuis qu'Offenbach était devenu le premier groupe québécois à jouer en tête d'affiche au Forum (le 3 avril, 1980). Nous pourrions donc monter un spectacle du 25e anniversaire. J'ai vu que le 1er avril était une date possible. Fantastique! En raison de la date et de mon amitié avec Jerry Mercer et Brian Greenway, April Wine était le choix parfait. April Wine le jour du Poisson d'Avril. 

Parfait. 

Le suivant était Pagliario. Il était ''booké'' par Les Productions CR, une entreprise ave laquelle j'ai été associé pendant des années. Tous les morceaux du casse-tête on tombé en place. Chacun a accepté l'offre à nous rejoindre dans la célébration et le 1er avril 2005, Offenbach et ses invités April Wine et Pagliaro ont secoué le Centre Bell comme jamais auparavant. 

Je me Souviens. 

John McGale 4/1/2016

L'histoire de la tournée "Bacon" 

1982 a été une année très difficile pour Offenbach. Elle a commencé avec le grand sucess du disque «Coup de Foudre» et la tournée «Québec Rock» avec nos invités Garolou, Zachary Richard et Joe Cocker, et ce fut la deuxième fois en 2 ans que nous avons joué au Forum de Montréal (un spectacle à guichets fermés). Mais en Septembre tout a changé. Le fond est tombé. 

La maison de disques en France, qui nous devait pour les albums «Traversion», «En Fusion» et «Rock Bottom» a fait faillite sans nous payer nos redevances. Bob Harrisson a décidé de quitter le groupe et de commencer une carrière en tant que Bluesman et joueur de guitare nous laissant payer tous ses frais médicaux en France et sans batteur. De plus, comme si cela ne suffisait pas, nous sommes arrivés à la conclusion que nous étions volés par nos gérants. Ce fut le début d'une très longue et coûteuse poursuite contre les personnes auquelles nous avons tous fait confiance. Les choses ne semblaient pas bien aller. 

Où commencer? 
Avons-nous même la volonté de continuer? 
Comment pourrons-nous jamais faire confiance à nouveau à quelqu'un? 
Es-ce-que tout notre dur travail jusqu'à ce point avait été pour rien? 

Ces questions ont pesé très lourdement sur nous tous. Notre compagnie Offenbach Inc. qui a été formé en 1980 semblait l se dirigeait vers la faillite et, encore à chaque fois que nous avons ouvert la radio on entendait des chansons d'Offenbach jouer. «Rock de V'lours», «Deux Autres Bieres», «Ayoye», «Je Chante Comme Un Coyote», «Caline de Blues», «Mes Blues Passent Pu Dans Porte», «Promenade Sur Mars», «Quand Les Hommes Vivront d'Amour», «J'ai l'Rock n Roll Pis Toé»... C'était ridicule... mais... c'était la réalité. 

Nous avons décidé d'avoir une réunion de groupe chez Gerry Boulet pour discuter de notre avenir .... et s'il y avait un. Gerry, Johnny, Breen et moi-même (les quatre actionnaires) se sont réunis pour essayer de trouver avec un plan d'action pour passer à travers ce qui commençait à ressembler à un hiver long et dur. 
Premières choses d'abord. 

Nous avions besoin d'un batteur. Breen et moi nous espérions secrètement de pouvoir être en mesure d'attirer Jerry Mercer de April Wine. Ça avait été tellement amusant de travailler avec lui 1980 lorque nous étions en France. L'album de April Wine «Nature of the Beast» était un succès international et les chances que cela se produise étaient très minces. Breen et moi avaient suggéré d'appeler "Wezo". Nous avions jamais travaillé avec lui, mais il semblait solide et j'aimais son "look". Gerry est devenu rouge dans le visage et a dit qu'il n'allait jamais travailler avec lui. Nous avons laissé tomber cette idée très vite! Nous avons essayé de persuader Denis Farmer de Diane Dufresne et Fiory/Séguin mais nous avons eu aucune chance avec ça. Pierre Ringuette, qui a fait un excellent travail sur «Traversion» avait ouvert un restaurant à Lac Mégantic et était le maître Chef. Il a renoncé à la vie sur la route. Marty Simon voulait 1000$ US par spectacle à un moment où les prix des billets étaient de 5$ chaque. CELA n'allait pas arriver. 

Nous avons décidé de faire circuler le mot et de faire des auditions dans notre local de répétition. Problème suivant. Comment roder un nouveau batteur? Nous avons eu 9 disques a ce moment et nous avions joué le Forum deux fois en 3 ans. Nous ne voulions pas passer 6 mois dans le local de pratique et nous avions besoin de mettre un peu d'argent dans la banque ou nous aurions jamais pu survivre à travers l'hiver. L'idée de trouver des jobs de jour n'était jamais en considération. Nous allions réussir ensemble ou mourir en essayant. 

À qui pouvons-nous faire confiance en tant que gérant et ''booker''? Nos derniers se sont avérées des escrocs. Une fois mordu, deux fois timide. 

Au milieu de ce qui commençait à ressembler à une situation désespérée, le téléphone a sonné à la table de la cuisine où nous étions assis. Nous sommes tous silencieux alors que Gerry a pris l'appel. Nous pouvons l'entendre sur la ligne, une conversation à sens unique disant «Non, nous ne faisons pas plus... nous avons joué le Forum deux fois, nous ne pouvons pas le faire... (un petit rire)... Non, non, oubliez ça... ON NE FAIT PLUS ça!!!». Puis il a raccroché. 

Quand il a raccroché téléphone Breen lui a demandé: «C'était à proposde quoi tout ça?» . Gerry dit: «Oh, c'est un gars à Trois Pistoles qui voulait qu'on allie jouer dans sa taverne... Je lui ai dit de l'oublier et que nous ne faisons plus cela». Une petite lumière c'est allumée au dessus de nos têtes. Johnny, Breen et moi se regardèrent et on dit: «Obtient-tu beaucoup de ces appels Gerry?» Il a dit «Oh ouais, plusieurs fois par semaine». 

«C'est ça!!» nous avons crié. Réservons une série de clubs à l'extérieur de Montréal, aloons jouer toutes les petites villes que les gens ne nous attendent pas à jouer, faire comme les Rolling Stones au El Moccombo à Toronto et jouer aux petites foules de gens de dans un contexte proche et intime! Cela pourrait être amusant! Nous pourrons faire cela pour un couple de mois et nous allons roder le nouveau batteur et devenir ''tight''. Nous pouvons réserver nous-mêmes afin qu'il n'y a pas de frais d'agent de gérance et de réservation. On n'aura ni besoin d'un énorme système de son et d'éclairage, ni d'autobus de tournée ou de gros camions ou une grande équipe. Nous allons faire un peu d'argent pour que nous puissions mettre un peu à la banque et de passer l'hiver... c'est PARFAIT! 

Gerry nous regarda et dit: «Peut-être que nous pouvons mettre un peu de ''bacon'' sur la table après tout!» 
Nous l'avons appelé "La Tournée Bacon" . 
La première tournée avec notre nouveau batteur Pat Martel. 
Bienvenue dans la cour des grands!

Ventures Medley 

J’étais surpris lorsque je suis allé à l’appartement de Johnny Gravel et de Gerry Boulet pour la première fois. J'avais 21 ans et j’achetais 3-4 nouveaux disques par semaine à partir du moment que j'avais environ 10 ans et j’avais un emploi comme livreur de journaux dans ma ville natale de North Bay. À ce moment-là, j’avais ainsi plus de 1 500 disques. Gerry avait environ une dizaine de disques et Johnny avait un peu plus… environ une douzaine… trucs bizarres "Cactus", "Atomic Rooster", "Deep Purple avec le London Symphony"… rien que je voulais écouter. Alors je l'ai pris sur moi de faire des cassettes que nous pourrions écouter dans la voiture lorsque nous irions sur des voyages qui souvent sembleraient être sans fin. Le Québec est une GRANDE province et lorsque vous conduisez à Sept Iles vous avez besoin de quelque chose à écouter! Je vu cela comme une occasion de faire connaitre aux gars une partie de la bonne musique qui existait. 

Steely Dan, Little Feat, The Tubes, Toto, Yellow Jackets, Weather Report, Mr Mister, Van Halen, des trucs vocaux comme The Manhattan Transfer et Lambert Hendrix et Ross, Tower of Power, Foreigner, The Crusaders, Lee Ritenour, Robben Ford, Larry Carlton, Michael Franks, Boz Scaggs et certains de mes préférés style Big Band comme Lew Tabakin. Tout le monde a gardé un esprit ouvert sauf pour la fois quand je leur ai joué du Average White Band et ils n’avaient pas apprécié que je leur fasse écouter du disco… sinon les gars étaient très ouverts à des nouveaux sons . 

Un jour Johnny et moi étions assis sur le siège arrière en train d’écouter le nouveau disque de David Lee Roth avec Steve Vai à la guitare et on s’est mis à parler. «Personne ne jouait de la guitare comme ça quand je grandissais» je lui ai dit . «Ce gars est vraiment quelque chose ! Peux-tu imaginer comment les guitaristes de la prochaine génération vont jouer s'ils sont élevés en écoutant cela! C'est une pensée effrayante ! Lorsque j’ai commencé à jouer, j’écoutais les Beatles, les Stones, Creedence et Eric Clapton et c'est rien comparé à ce genre de chose!» Je dis: « Qu'est-ce que tu écoutais quand tu as commencé à jouer Johnny?» 

La réponse de Johnny était «Dwane Eddy, Django Rienhardt et The Ventures» . 

Nous avons commencé à chanter nos chansons préférées des Ventures pour passer le temps dans la voiture et quand nous préparions le set list pour la tournée «Bacon » nous avons pensé qu'il pourrait être amusant de faire quelque chose un peu différent et monter un medley "Ventures". Ça mettrait en vedette le son des deux guitares jouant en harmonie que nous avions développé et aussi ça donnerait à Gerry un peu de répit de chanter toute la nuit. 

Nous avons eu beaucoup de plaisir à monter le medley, mais que la foule était complètement confuse car à la fin d'un spectacle de pur Rock n Roll nous avons commencé à jouer la chanson thème d’une mauvaise émission de télévision des années 1970… Hawaii 5-0 ! 

John McGale 23/03/2016


Bonne Fête Johnny Gravel! 

Aujourd'hui, le 12 Mars, 2016, marque le 68e anniversaire de Johnny Gravel. 
Comment en enfer est-ce arrivé? 

Johnny est la principale raison pour laquelle j'ai vécu et travaillé au Québec depuis si longtemps. Dès le moment où nous nous sommes rencontrés, le 4 Juin 1978, il est resté la personne la plus accueillante, généreuse, sincère, honnête et bizarre que je l'ai jamais rencontré. Un vrai ami. 

Il n'y a personne comme lui (et c'est une bonne chose!). 

Il a une approche musicale qui est complètement différente de la miène, et que, je crois, est la raison pour laquelle nous avons pu travailler ensemble et se complémenter mutuellement si bien. Le son de deux guitares jouant en harmonie est une des raisons pour que le disque "Traversion" est devenu un moment charnière pour Offenbach. C'est là que les choses ont commencé à bouger pour le groupe. 

Johnny jouait une Strat, donc j'ai joué une Les Paul. 
Johnny aimait jouer ses solos sur les grosses cordes graves, donc je jouais sur les hautes. 
Johnny frappait chaque note comme un marteau-pilon, donc j'ai développé un son plus fluide et j'ai joué du "slide". 
Aucun d'entre nous utilisait des pédales (sauf pour une wah wah de temps en temps). Tout venait des doigts, le cœur, l'âme et l'esprit. 

Les gens ont souvent appelé Johnny l'Eric Clapton, le Ritchie Blackmore ou le Jimmy Page du Québec. Je ne suis pas d'accord. Johnny a le même âge que les messieurs que je viens de nommer (plus ou moins quelques années) et les similitudes sont une coïncidence. Johnny a développé son propre son bien avant qu'il ait jamais entendu parler de ces autres gars. 

Vraiment unique. 
Vraiment spécial. 
Vraiment bizarre. 
Vraiment Johnny. 

Bonne fête mon chum! 
John McGale


 

La Fête à Gerry! 

Aujourd'hui, le 1er mars, marque ce qui aurait été le 70e anniversaire de Gerry Boulet. Difficile à croire... le temps passe. 
Merci Gerry pour ton amitié, ta camaraderie et ton soutien au cours des nombreuses années nous avons travaillé ensemble. Tu n'es pas et ne seras pas oublié par moi ou les milliers de personnes que tu as touché avec ta voix et ton âme. Repose toi bien mon frère. Je te retrouverai de l'autre côté. 

John